
Sensible - Culinaires - Sensorielles
La Garance - Scène nationale de Cavaillon
Directrice
Pluridisciplinaire
"Nous sommes la nature qui se défend"
Questions du référentiel
Au-delà de la conscience personnelle, différents chemins d’exploration existent et sont pratiqués par des passeurs du vivant.
En parallèle de mon travail de Directrice de La Garance, je me forme moi même en ethnobotanique auprès de la cueilleuse et ethnobotaniste Clarisse Le Bas. Nous partons en cueillette sauvage à la découverte de plantes pour apprendre leurs signatures émotionnelles et physiques, ainsi que leurs signatures territoriales et paysagères.
Je trouve ça prioritaire de me "capaciter" sur une meilleure lecture du vivant (c'est-à-dire d'apprendre les noms et propriétés de la flore, par exemple) et sur la possibilité d'interactions avec le vivant.
À La Garance, nous organisons aussi ce type de cueillette/balade pour les publics qui le souhaitent dans le cadre de notre festival sur les pratiques artistico-culinaires : CONFIT.
Différentes manières de dialoguer avec la science sont utilisées par des artistes.
Nous sommes lauréats d'un programme Erable que nous avons nommé A Tavola. C'est un projet qui interroge la redirection agricole dans 25 ans, à travers une enquête scientifique et artistique auprès d'une vingtaine d'agriculteur.ices pour identifier les signaux faibles déjà à l'œuvre sur leurs pratiques de redirection. Que mangera-t-on en 2050 et que serons nous en mesure de produire compte tenu des aléas climatiques auxquels nous faisons face (réchauffement climatique, imprévisibilité météorologique, vent violent etc).
Pour cela nous travaillons avec l'artiste Floriane Facchini, la photographe Amélie Laval mais aussi l'INRAE pour le volet agronomie et origens media lab pour le volet anthropologie. Il nous a paru essentiel de travailler avec des scientifiques des deux domaines pour appréhender les questions d'attachements et de renoncements qui structurent nos stratégies de redirection. De fait, cela a aussi permis une autre relation aux agriculteur.ices impliqué.es qui parlaient le même langage que les agronomes.
Dans quelle mesure le vivant ou des éléments naturels peuvent-ils faire partie des protagonistes de ton spectacle ?
Nous programmons le spectacle Tentatives de cohabitation entre ruminantes, qui est un spectacle de Mégane Arnaud pour une actrice et un troupeau de vache. Pour moi ce spectacle va bien plus loin que n'allait déjà le théâtre paysage. Il ne s'agit pas juste de faire avec la biodiversité environnante (en essayant en sus de faire sens et caisse de résonance) mais de faire avec la faune environnante. Le spectacle essaie d'inventer un protocole relationnel entre une humaine et un troupeau de vaches qui ne seront - nécessairement - pas mises en scène puisque ce sera un troupeau différent à chaque fois.
Le Festival Confit.
Il s'agit d'un festival artistico-culinaires.
Nous y programmons des spectacles mais aussi des ateliers, des arpentages, des expositions qui traitent de sujets culinaires en proposant des espaces de gustation. Nous proposons d'ingérer des mets et des idées. Ce festival - à travers l'angle de la cuisine - aborde en réalité toutes les thématiques de l'écologie sociale et environnementale (agriculture, urbanisation, préservation des espaces, conditions de travail, géopolitique etc). La "porte d'entrée" culinaire permet par ailleurs de "se mettre à table", de créer des espaces de discussions réels et conviviaux entre des personnes qui néanmoins ne pensent pas la même chose.


Crédit photo @Christelle Calmettes