À l'origine

Les constats qui ont nourri le programme

Seule une transformation profonde de nos sociétés peut encore permettre d’enrayer le déclin de la biodiversité et d’éviter l’effondrement des fonctions essentielles des écosystèmes, dont l’humanité dépend.

Extrait du Référentiel Création et Vivant 2025

Dans leur rapport de 2024*, les scientifiques de l’IPBES appellent à des changements systémiques, à la fois structurels (par nos modes d’organisation, de gouvernance et de régulation), pratiques (par nos façons d’agir, de consommer et de cohabiter avec le vivant) mais aussi culturels en questionnant les paradigmes individuels, collectifs et les récits qui sous-tendent les relations de domination entre les êtres humains et la nature.

Le secteur culturel, à l’instar de tous les autres, évolue et se mobilise déjà. Cependant, les actions menées révèlent un investissement encore majoritairement axé sur la lutte contre la crise climatique. Un point également souligné par l’Office français de la biodiversité qui met en évidence la sous-représentation des actions en faveur de la biodiversité dans le secteur culturel, en comparaison des efforts consacrés à la lutte contre le changement climatique.

Sortir du prisme dominant du climat et de la décarbonation suppose de mieux mettre en lumière les enjeux liés à la biodiversité, à la préservation des écosystèmes, ainsi qu’aux rapports de domination que nos sociétés (principalement occidentales) entretiennent vis-à-vis de ce qu’elles considèrent comme la « Nature ».

Cela implique d’aborder la question sous un angle pratique, en interrogeant l’empreinte de nos activités sur la biodiversité, philosophique, en repensant la place de l’humain au sein des relations interconnectées du vivant, et culturel, en agissant sur l’ensemble des récits et constructions symboliques qui cultivent le rapport et la représentation que l’on en a aujourd’hui.

(*) Rapport d’évaluation sur les causes sous-jacentes de la perte de biodiversité et les déterminants des changements transformateurs et les options pour atteindre la vision 2050 pour la biodiversité, IPBES, 2024

Vivant

De quoi parle t-on ?

Que recouvre le terme “vivant” et pourquoi l’avoir choisi ?

Les mots fleurissent quand on veut embrasser tout ce qui est inclus dans le champ du vivant. Les passeurs du vivant ont débattu. 

Choisir « vivant », c’est trouver le mot juste pour insister sur ce qui touche à la condition commune de toutes ces réalités organiques et singulières qui se déploient sur la Terre.

Une approche biologique du vivant

En sciences exactes, on utilise le terme « biodiversité » pour parler du vivant. 

La biodiversité, ce n’est pas un catalogue d’espèces posées les unes à côté des autres. Ce sont des relations, des interdépendances et des interactions d'une grande diversité entre :

  • Des êtres vivants : des bactéries, des plantes, des animaux (dont les humains) et des champignons
  • Des écosystèmes : une forêt, une falaise, un bras d’océan, notre lit, nos cheveux en ce moment qui rendent la terre habitable.

Une approche métaphysique du vivant

Dans la pensée occidentale moderne, l’humain a été défini à partir de ses différences anthropologiques spécifiques avec le reste du monde vivant. Une vision anthropocentrée qui a eu pour effet de le distinguer du reste du vivant, voire même de l’en sortir.

Parler de vivant permet, à l'inverse, de décentrer l’humain pour insister sur ce qui relie, pour donner plus d’importance aux « espaces entre », aux liens qui se tissent entre les éléments d’un tout, aux interactions entre espèces et avec un milieu que l’on partage et qui rassemblent, sans pour autant gommer leurs singularités. Cela invite à explorer ce qui fait le commun, à déployer des stratégies de coopération et donc à prendre soin de celles et ceux avec qui nous cohabitons.

Parler de vivant, c’est aussi remettre en question nos sociétés ultramécanisées, pilotées par des indicateurs chiffrés et la recherche de la performance, pour laisser plus de place à la souplesse, aux oscillations et au temps long.

Une architecture en plusieurs étapes

De l'écoute à la transmission

Un programme co-construit conçu par des artistes et professionnels des arts de la scène pour les acteurs et actrices du spectacle vivant.

Par acteurs et actrices du spectacle vivant, nous entendons ici des artistes, des programmateurs et programmatrices, et autour d’eux tous les professionnels des arts de la scène réunis de façon interdisciplinaire - théâtre, danse, musique, arts de la rue, cirque, marionnette - engagés au sein de compagnies, d’ensembles et de structures culturelles.

Le programme Création et Vivant s’est construit au cours de l’année 2025 et se poursuit dès 2026.

Écouter

Janvier 2025

À travers une enquête menée auprès d’une sélection de structures culturelles soutenues et/ou subventionnées par le ministère de la Culture pour établir un premier portrait du rapport qu’entretiennent les personnes répondantes avec le vivant, d’un point de vue individuel et professionnel.

Vibrer

Avril 2025

Lors d’une journée-immersion rassemblant une première cohorte de 60 individus dirigeants et artistes recrutés à partir de l’enquête, pour se questionner et explorer ensemble les multiples manières d’intégrer le vivant au sein de la création et de la programmation.

Éclore

Juillet 2025

Grâce à une grille de questionnement co-construite à partir des réflexions et cheminements de la cohorte, destinée à tout autre dirigeant et dirigeante de structures culturelles et/ou artiste qui souhaite s’engager dans une démarche d’intégration du vivant dans son processus de création et/ou de choix de programmation.

Irriguer

Et se poursuit en 2026

En partageant l’outil référentiel Création et Vivant lors de rencontres avec les professionnels du spectacle vivant, tout en les invitant à s’en saisir pour entrer dans une exploration d’intégration du vivant dans leurs démarches artistiques et culturelles.

Transmettre

Dès 2026

Par des prises de parole des « passeurs et passeuses du vivant », participants et ambassadeurs du programme dans les événements professionnels, pour une transmission et inspiration entre pairs.

Former

Dès 2026

Accompagner les professionnels du spectacle vivant dans la transformation écologique de leurs pratiques en venant nourrir et retravailler les processus de création, les modèles de production et de diffusion en lien avec les enjeux de biodiversité par des ateliers et de la formation professionnelle.

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