Pierre Tallaron

Instant - Inspiration - Présence

Pierre Tallaron

Les Outils Sauvages

Directeur artistique

Transdisciplinaire (scène - littérature - images)

Besançon - Doubs - Bourgogne Franche-Comté

Nous ne sommes pas là pour expliquer le vivant, mais pour tisser les liens qui permettent de le ressentir à nouveau.”

Questions du référentiel

Dans quelle mesure la relation développée avec un être vivant peut-elle nourrir ton processus de création ?

Ce qui est intéressant ici c'est de considérer qu'une relation développée avec un être vivant nourrie forcément tout processus de création; c'est surement le propre de l'art. Nourrir un regard poétique est nécessairement le fruit d'une relation particulière.

Mais ici, ce qui nous importe c'est de nourrir une attention particulière pour un Vivant-Non-Humain. C'est ce décalage là qui est crucial. Le désanthropocentrisme est fondamental. Et ce glissement d'attention est une réel métamorphose culturel, voire neurologique. Cela nécessite du temps et de la pratique pour considérer (et adapter nos comportement en conséquence) que l'humain n'est pas le centre de la création de la vie, mais bien un élément parmi tous les autres. Quelle joie de le ressentir (parfois!) et d'observer le champ de nos paradigmes s'adapter.

À quel point porter une attention au vivant te permet-il de revisiter le lien entre propos et forme et/ou d’envisager des formes qui seraient nouvelles pour toi ?

La question de la forme est elle aussi de première importance dans cette dynamique de métamorphose culturelle. Nous vivons dans un monde du spectacle. Nous faisons spectacle de tout et tout le temps, au point d'être saturé de spectacles et en fin de compte de nous désensibiliser des sujets qui nous importent. Si je souhaite tenir un propos qui a trait au vivant, il me semble inévitable de l'aborder par le champ des sensations: "Je sens donc je suis (vivant parmi les vivants).

Questionner la forme de nos œuvres est l'opportunité de sortir du cogito (je pense donc je suis) et ne pas placer l'activité mentale au sommet de nos possibilités de ressentir et d'exprimer le monde. De la même manière que nous souhaitons désanthropocenter nos actes, nous devons également les démentaliser. La pensée est un des éléments de notre existence, tout comme l'humain un des éléments du vivant. 

Il semble alors pertinent que les artistes offrent aux public les opportunités de contacter de nouvelles manières d'être spectateur.ice.s ; sans chercher à faire comprendre, mais bien plus chercher à se sentir vivant.

Dans ce contexte, le champ d'exploration des formats à créer est immense.

Comment ton projet peut-il devenir un moyen d’éveiller voire de former au vivant ceux qui y participent ?

Les projets que je mène s'articulent toujours entre création poétique et recherches scientifiques : les sphères de l'imaginaire et de la connaissance.

Théâtralement cette démarche se rapproche de cette notion du quatrième mur : l'adresse directe au public ou non.

Ces deux distances m'intéressent: partager du réel (sciences), ouvrir les possibles (poésie).

Il y a dans cette relation un mouvement de va et vient qui offre aux publics la possibilité d'objectiver et de subjectiver alternativement : de prendre connaissance du monde dans un dimension stricte (un fait scientifique avéré) puis de glisser dans des états de rêverie, d'intériorisation, presque de médiation (par la poétique), qui doivent nous placer individuellement en tant que public dans la grande histoire du vivant, et non plus devant un récit ou un fait qui nous concerne ni ne nous implique.

Mes sources d'inspiration

  • David Abram pour toutes ces démarches, recherches et publications. 
  • Et l'ensemble du vivant non humain à chaque fois que je lui porte une attention nourrie par un désir de rencontre et de découverte.

Le projet dont j'ai envie de parler

Est-ce que la terre s'est tue ?

Une pièce déambulatoire conçue pour des espaces de grand air, mêlant théâtre immersif, sensibilisation écologique et expériences sensorielles.

Les Récits Vivants

un festival écopoétique qui contribue à renouveler le lien entre création artistique, recherche scientifique et engagement citoyen. 

Ce festival œuvre pour l’émergence d’un écosystème vivant, où la coopération art/sciences devient une manière de penser, ressentir et agir pour le vivant.

Humus

Formation transversale à la croisée des arts, des sciences et de l'écologie sensible​​.

Pratiques écopoétiques et imaginaires du vivant.

Humus
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